Tout savoir sur Bastrika

En sanskrit, Bastrika  signifie « soufflet de forge ». C’est un pranayama dynamique, basé sur une succession d’inspir et d’expir rapides.  Très utilisé dans les écoles de Natha yoga, il doit être impérativement appris avec un professeur. Ces notes sont uniquement un aide-mémoire pour celles et ceux qui l’ont déjà expérimenté en cours.

Le souffle de Bastrika permet avant tout de « remettre » la respiration dans le ventre, c’est-à-dire de mobiliser le ventre pour remettre le diaphragme en mouvement, débloquer le souffle. En pratiquant régulièrement, nous reprendrons l’habitude de respirer « à l’endroit » avec un ventre mobile. On observera alors que la digestion se fait mieux, que le plexus solaire s’est détendu, bref, que tout va mieux, que l’on est moins tendu, moins stressé.

Mais revenons à notre souffle. Avant de lancer le Bastrika, nous vous proposons de vous assoir en tailleur, lotus ou demi-lotus, le dos bien redressé, la tête dans le prolongement du dos. Un petit coussin peut être utilisé afin de favoriser la bascule du bassin et donc le redressement de la colonne vertébrale.

A l’image d’un soufflet, nous allons contracter le ventre et le dilater. Les mouvements sont rapides, intenses et sans interruption. La colonne vertébrale reste bien immobile.

Vous pouvez commencer par un cycle de 10 souffles, puis après la dernière expiration, prendre une grande inspiration complète.  Nous retiendrons alors le souffle le plus longtemps possible pour favoriser le déblocage des tensions et le développement de l’énergie.

On relancera le soufflet sur une expiration. Nous vous proposons de réaliser au minimum 3 cycles, puis de revenir à une respiration libre, en observant les yeux fermés, les sensations et les effets générés.

Au début, vous pouvez placer une main sur le ventre, l’autre main sur la poitrine pour bien sentir que le ventre se gonfle comme un ballon à l’inspiration alors qu’il se rétracte complètement à l’expiration. Lorsque votre ventre aura retrouvé sa mobilité, et pour que le souffle soit complet, nous allons associer des gestes et des concentrations, au souffle, permettant ainsi d’unir notre corps, notre souffle, avec notre pensée.

Pour cela, avant de lancer une série de Bastrika, nous mettrons en place une contraction de la base, plutôt une aspiration vers le haut du rectum externe, puis nous immobiliserons les mains (geste de la sagesse, paumes des mains sur les genoux ou vers le ciel), la langue (extrémité de la langue appuyée à la racine des dents du haut ou retournée, venant appuyer sur la partie molle du palais), les yeux (yeux fermés, convergents sur un point entre les sourcils ou plus haut, vers la fontanelle).

Puis nous visualiserons notre souffle qui monte dans la colonne à l’inspir et redescend à l’expir. On peut également associer un mantra du souffle, comme Ham-Sa, le son Ham pendant toute la durée de l’inspir, le son Sa à l’expir.

L’ensemble de ces visualisations, mantras et positions sera conservé pendant toute la durée du Bastrika

Lors de la rétention poumons pleins, nous mettrons en place les trois bandhas, les trois contractions : Mula Bandha, la contraction forte de la base, Uddiyana Bandha, le ventre se plaque contre la colonne vertébrale, Jalandhara Bandha, le menton descend fortement vers le sternum. Ces contractions favorisent la montée d’énergie et protègent le cerveau des surpressions.

A l’image d’un soufflet de forge, ce pranayama attise le feu du ventre. Il revitalise le corps, en augmentant sa teneur en oxygène, réchauffe, permet de mieux digérer et remobilise le diaphragme. Au niveau énergétique, il fait monter le Prâna, l’énergie vitale, et donne ainsi plus de puissance, de calme et de recul. Il convient toutefois de ne pas pratiquer en cas de fatigue excessive ou de tension artérielle trop faible ou trop forte.

Catherine

12 décembre 2015

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